" Conte Inuit "
Si tu aimes les contes Inuit
en voiçi un...
qui révéle le combat entre
Un pou agile et Un asticot dodu !!!
Il y a bien longtemps de cela, les poux vivaient comme les hommes.
Ils savaient même naviguer et possédaient des kayaks.
A l'époque, ils ne parasitaient ni les humains, ni les animaux.
Un jour, un pou agile et un asticot dodu décidèrent de faire une course en kayak.
Le vainqueur serait celui qui atteindrait le premier un humain !
- " C'est moi qui sauterai le premier sur un humain.
J'y serais bien au chaud et y mangerai à ma faim, hmmm ! Je sens que je vais aimer la tête et les fesses des humains ! " dit le pou agile.
- " N'y compte pas ! C'est moi qui ramperais le premier sur un humain. Et la place sera pour moi. Ce sera la belle vie, je pourrais passer mes journées à me faufiler sur tout son corps ! " répondit l'asticot dodu.
- " C'est ce qu'on va voir ! " répliqua le pou.
Le défi fut lancé : Le premier qui réussirait à atteindre un humain deviendrait son parasite attitré.
Le départ fut donné et les deux bestioles s'élancèrent sur la mer.
L'asticot dodu était le plus costaud des deux mais aussi le plus lent.
Il n'avait qu'un seul but : atteindre un humain.
Tout en ramant, il criait :
- "A moi la peau bien tendre ! à moi la peau bien tendre ! à moi la peau bien tendre !"
A côté de lui, le pou, qui était tout petit, ramait aussi vite qu'il le pouvait.
Poursuivant le même but que son adversaire, il criait :
- " A moi la raie des fesses ! à moi la raie des fesses ! à moi la raie des fesses !"
Ils ramaient têtes baissées, avec une telle vigueur qu'ils heurtaients parfois des récifs et endommageaient leurs kayaks.
A plusieurs reprises, ils durent s'arrêter pour réparer leurs embarcations mais ils repartaient chaque fois de plus belle.
- " A moi la peau bien tendre ! A moi la peau bien tendre ! " criait l'un.
- " A moi la raie des fesses ! A moi la raie des fesses ! " rétorquais l'autre.
Enfin, ils approchèrent d'une île habitée par les humains.
Le petit pou ramait si vite que l'on ne voyait plus sa pagaie.
A bout de souffle,il continuait de hurler :
" La raie des fesses, je dois atteindre la raie des fesses ! "
Il avançait si rapidement que son entrée fût fracassante : l'avant de son kayak buta violemment sur le sable et le petit pou fît un vol plané vertigineux.
Remis de sa chute, il respirat longuement l'air et conclut :
- " ça sent l'homme ici "
Et il ne se trompait pas ; il avait atteri directement dans la raie des fesses de quelqu'un.
Quand l'asticot parvint enfin au rivage, il aspira lui aussi une grande boufée d'air :
- " ça sent la terre ici "
Et effectivement, il s'était enfoncé dans le sol en rampant.
C'est ainsi que les gens attrapèrent des poux et pas des asticots...
Ouf ! Imaginez l'inverse !
Extrait tiré de " Contes du monde - catégorie Inuit "